Oui, je me trouve très beau mais je ne comprends pas, personne ne s’extasie devant ma plastique. Pourtant, regardez-moi bien ! Ma robe est de trois couleurs, rose, noir et gris, que l’on qualifie de chic dans vos magazines de mode ; mes formes sont généreuses et mes lignes arrondies à souhait ; mes oreilles ondulantes encadrent mes yeux certes petits mais ornés de longs cils que vos starlettes sont obligées de payer un bras dans les instituts ! Bon, c’est vrai, de temps en temps, j’émets un grognement sourd pour exprimer ma joie quand le merle, lui, lance des trilles mélodieux ! Alors, pourquoi, moi, le porc basque, on ne m’admire jamais ? Ce sont toujours les mêmes qui sont sous les feux de la rampe. Une fois, c’est la crinière au vent du pottok sauvage sur les cimes basques ; une autre fois, le vol majestueux des rapaces, qui ne sont que des vautours se nourrissant de chairs mortes je le rappelle quand même. Et la brebis ? Y’en a qui dans des élans lyriques, la comparent à une balle de golf joliment posée sur un green ! Alors, je dis, stop !

Mais, au fait, si, je vois que vous, vous me regardez avec attention. Et même, vous regardez surtout mes cuisses. Et si je ne me trompe pas, il y aurait une pointe de gourmandise dans vos yeux ? Ah, en vous écoutant, j’entends les mots jambon, salaison. Vous dîtes aussi « abattoir » ? C’est quoi ça ? Oh là là, je n’y comprends rien. Puisque c’est comme ça, je retourne à mon passe-temps favori, la chasse aux glands sur mes collines pentues des Aldudes !

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